InO

PRATIQUE EXPLORATOIRE ET CRÉATRICE  –  SON / IMAGE / ACTION / COMPOSITION EN TEMPS RÉEL.

 

centre Barbara tous de dos 4 mars

Ino — Pratique ayant pour point de départ l’écoute des sons et le constat du principe d’ « INTERPÉNÉTRATION ET NON-OBSTRUCTION »  – InO – de John Cage.

Interpénétration et non-obstruction, c’est pour faire vite, la façon dont John Cage théorise sa perception des sons du réel. Le klaxon, le cri d’oiseau, la marteau-piqueur s’interpénètrent et ne s’obstruent pas et constituent une pièce musicale pour qui choisit de l’écouter comme telle. Pour la petite histoire, voici comment John Cage commençait une journée avec ses stagiaires : il ouvrait la porte sur l’extérieur et proposait une heure d’écoute de tous les sons. Cette pratique invite à effacer la notion de hiérarchie entre les matières sonores (le klaxon n’est pas moins digne d’intérêt que le gazouillis d’oiseau ou qu’une note de piano). Elle invite aussi à brouiller la distinction entre l’art et la vie.
« Quand on se contente d’écouter les sons alentour, on ne cesse d’être frappé par le génie de la non-organisation. »
Le geste qui nous place dans une pratique artistique est celui d’être témoin de cette non-organisation. Et aussi d’y prendre part, en conscience. Être en mesure d’observer comment mon souffle s’inscrit dans un interstices, en unisson, en écho, … avec d’autres souffles : le souffle du piano, du craquement du sol, d’un autre corps.
Cette pratique propose d’expérimenter ce postulat de John Cage : venir constater l’interpénétration et la non-obstruction des perceptions sonores mais aussi visuelles et sensorielles. Tandis que je vois une personne traverser mon champs de vision, je sens la température du sol sous mon pied et j’entends un frottement contre la vitre. Ces différents éléments s’interpénètrent et ne s’obstruent pas.

Une fois que cette connexion avec notre milieu est établie se pose la question de notre interaction avec lui. Autrement dit le créatif. Une autre notion de John Cage peut être un outil. C’est ce qu’il appelle « Musicircus » .
« Par « cirque », j’entends plusieurs morceaux en même temps, plutôt qu’un tout seul. Parce que d’un certain point de vue, la musique est l’art de centrer l’attention sur une seule chose à la fois. Dans mes compositions récentes (…), j’ai essayé de ne pas centrer l’attention sur une seule chose. J’ai utilisé ce principe, que j’appelle musicircus d’avoir plusieurs choses qui se jouent en même temps. »
Les matières (corps et son) indépendantes et autonomes de chacun contribuent au musicircus collectif. Ce musicircus est une œuvre artistique si chacun est en mesure d’écouter et de contribuer en conscience à la matière qui le constitue, dans un principe d’interpénétration et non-obstruction.

L’intention de cette pratique est ainsi d’entraîner notre capacité à équilibrer l’action et l’écoute : se tenir sur une ligne tremblante au milieu des deux.
Dernière citation pour le plaisir :
« Si je fixe mon attention sur quelque chose, elle s’éteint. Mais si je la porte sur un espace qui inclut des choses qui ne sont pas cet espace, alors elle vit. »


InO – TRACES SONORES

 


 

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DSC_1814Photos : Anne Savelli et Anne-Catherine Nicoladzé.


InO – TRACES VIDÉO

InO 1 – De Emmanuelle Huchet.
Un point de vue au sein de la pratique InO.
Fragments sur la présence, les actions et les sons des participants de la pratique.


 

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